La législation pour l’air dans les tunnels
La qualité de l’air dans les tunnels n’entre pas dans le champ d’application de la législation sur la qualité de l’air ambiant dans la mesure où, dans ce type d’espaces confinés, les niveaux de concentrations sont plus élevés que dans l’air ambiant.
La pollution de l’air dans un tunnel est fonction de l’intensité et de la fluidité du trafic ainsi que de la ventilation du tunnel.
Un arrêté du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et sa circulaire d’application fixent des valeurs limites à ne pas dépasser dans les tunnels, tant pour le monoxyde de carbone (CO) que pour le dioxyde d’azote (NO2). Un tel type de législation est unique en Belgique. Cependant, seul le tunnel Léopold II qui relie l’avenue Charlemagne à la petite ceinture est équipé d’appareils de mesures fixes.
Les résultats de ces mesures sont publiés chaque année par le Laboratoire de Recherche en Environnement de Bruxelles-Environnement. Les mesures montrent que les problèmes les plus aigus concernent le NO2. Ce polluant est soumis à une valeur limite de 400 µg/m3 pour une heure d’exposition et de 1000 µg/m3 pour 20 minutes d’exposition.
Stations de mesure
En décembre 2002, deux postes de mesure permanents ont été installés et reliés au réseau télémétrique bruxellois :
- La station de mesure direction centre (41LEC1) se trouve à quelques centaines de mètres de la fin du tunnel. A cet endroit existent des risques de formation de files à l'heure de pointe du matin ou en cas de perturbation du trafic en ville (par ex. suite à une manifestation, ou à un accident).
- Le poste de mesure direction Basilique de Koekelberg (41LEB2) est disposé de manière à pouvoir mesurer l’impact sur la qualité de l’air des feux de circulation se trouvant à la sortie du tunnel à hauteur de la Basilique où l’on observe régulièrement la formation de files par ex. pendant l'heure de pointe du soir.
Les deux stations de mesure transmettent des valeurs minute par minute des concentrations présentes en oxydes d’azote (NO), dioxyde d’azote (NO2) et monoxyde de carbone (CO), valeurs qui permettent de calculer ensuite des valeurs moyennes.
Ce que nous apprennent les concentrations mesurées
Dans les deux postes de mesures, on observe que les valeurs mesurées pour le NO2 durant la période 2006-2008 sont supérieures à celles de la période 2003-2005. Le nombre de dépassements des valeurs limites s’appliquant au NO2 augmente clairement (voir figure ci-dessous).
Les niveaux de pollution par le NO2 dans le tunnel (voir les bâtonnets jaunes et bleus de la figure ci-dessous) sont 5 à 10 fois plus élevés que dans l’air ambiant situé à des endroits à trafic dense (par exemple à la station Avant port 41N043 ou celle de l’avenue de la Couronne 41R002).
Pour une analyse approfondie de l’ensemble des données de mesures, nous renvoyons au rapport (voir ci-dessous, le point Plus d’info).
Un accroissement de l’exposition annuelle au dioxyde d’azote
Pour un usager régulier du tunnel (220 jours ouvrables par an tant à la pointe du matin qu’à la pointe du soir), cela représente une augmentation de l’exposition moyenne annuelle d’environ 5 à 6 µg/m3. Pour un habitant d’un quartier résidentiel où la concentration annuelle moyenne en NO2 serait de 30 à 32 µg/m3, cela signifie une augmentation de l’exposition annuelle moyenne de 15 à 20 %. L’exposition annuelle au NO2 de ces habitants empruntant quotidiennement le tunnel aux heures de pointe risque dès lors d’avoisiner ou de dépasser la norme européenne de qualité de l’air visant à protéger la santé humaine (moyenne annuelle inférieure à 40 µg/m3 à partir de 2010).
Contrôle du respect de la législation
Il convient néanmoins de garder à l’esprit que les valeurs limites bruxelloises sont explicitement couplées à l’exposition pendant une période déterminée. Les normes en vigueur dans les tunnels ne sont dépassées que si les dépassements sont associés à une exposition effective durant cette période. Il en résulte que le non-respect de ces normes ne peut être actuellement contrôlé vu la non disponibilité de données modélisant le temps de séjour de chaque véhicule à partir des caméras de surveillance et/ou de contrôles de vitesse. Il apparaît toutefois peu probable d’observer souvent des temps de séjour d’une heure dans le tunnel Léopold II. Il est par contre courant d’observer des temps de séjour de 10 à 20 minutes lors des heures de pointes du matin et du soir. Par ailleurs, un trafic lent ou congestionné augmente les émissions de NO2 et CO. C’est dans ces conditions que les automobilistes restent exposés le plus longtemps à des hautes concentrations de ces polluants.
Recommandations
Il importe donc de veiller prioritairement à éviter ces pics de concentrations élevées par un fonctionnement amélioré et adaptable du régime de ventilation.
Il paraîtrait souhaitable de prendre en compte un signal de mesure du NO2 dans l’algorithme conditionnant le démarrage des systèmes de ventilation.
En outre, afin de pouvoir réduire à court terme le nombre de dépassements du niveau de 400 µg/m3 de NO2 (valeur horaire), une ventilation fonctionnant de façon plus permanente durant la journée paraît nécessaire.
Plus d’info :
-
Les rapports précédents : ouvrez le
centre de documentation du site > documentation scientifique et technique> rapports techniques> cherchez tunnel.
-